12 novembre 1668 : La Mère de Saint-Bonaventure voit l’entrée au ciel de sa fille Marie-Catherine de Saint-Augustin

12 novembre 1668 :  La Mère de Saint-Bonaventure voit  l’entrée au ciel de sa fille Marie-Catherine de Saint-Augustin

12 novembre 1668 : La Mère de Saint-Bonaventure voit l’entrée au ciel de sa fille Marie-Catherine de Saint-Augustin

La Mère de Saint-Bonaventure était la supérieure en place lors de l’arrivée de Catherine au Canada, en 1648. Celle-ci était encore présente au moment de son décès en 1668. Elle la connue donc de près durant 20 ans et la lettre circulaire qu’elle écrivit aux autres monastères après le décès de Catherine nous montre toute l’estime qu’elle avait pour sa chère fille.

Aussi, Dieu fit la grâce à cette digne et sainte supérieure, qui était du groupe des 3 premières fondatrices dès 1639, de voir le déroulement de l’entrée au paradis de Catherine de Saint-Augustin.

Voici ce que relate la biographie du Père Paul Ragueneau à ce propos :

« L'Année 1668 qui fut l'année de cette mort heureuse, les deux derniers Navires qui partirent de Québec pour la France, ne firent voile que le 11 de novembre. Le lendemain il plût à Dieu de donner la consolation à la Révérende Mère Marie de saint Bonaventure de Jésus, Supérieure des Hospitalières de Québec, qu'elle eût assurance du bonheur éternel de sa chère fille défunte: car elle la vit ce jour-là comme faisant son entrée en Paradis. Voici ce qu'elle écrivit au Père Châtelain Confesseur de la défunte, et qui est aussi le sien; dont on ne pût avoir de connaissance en France qu'un an après, au retour des Vaisseaux en 1669.

Le 12 novembre 1668, étant à Matines, lorsque l'on disait Benedicite omnia opera Domini Domino, à Laudes, je vis une grande Montagne toute claire comme le cristal, sur laquelle étaient quantité d'Anges et de Saints les uns avec les autres, qui étaient tous rangez en Chœurs des deux côtes, et aboutissaient aux pieds de Notre-Dame. Ma vue ne se pût porter plus avant. Ils tenaient en main chacun une palme et un flambeau qui rendait une clarté admirable, et dont l'éclat rejaillissait sur leurs habits blancs: toutes les Religieuses mêmes dont j'en vis là un grand nombre, étaient toutes vêtues de blanc, avec des voiles blancs aussi: Au pied de la Montagne au milieu des deux Chœurs, je vis une Religieuse aussi vêtue de blanc; qui était à genoux, tenant un Cierge en ses mains, qui me paraissaient jointes et comme en posture d'une personne qui demandait l'entrée de ce lieu; ou comme si déjà étant entrée dans ce séjour de la gloire, elle y remerciait et y adorait la divine Majesté, lui faisant hommage de cette gloire dont elle jouissait. En même temps deux Anges se séparant de chaque côté, entrèrent au milieu des deux Chœurs, et dirent : Que chanterons-nous à la réception de cette nouvelle Épouse ? On leur répondit, chantez Alleluya. Et au même temps ils l'entonnèrent sur le chant de l'invitatoire du jour de le Pentecôte; et ces Chœurs ensuite le répétèrent : puis les Anges chantèrent. Venite & videte, quoniam suavis est Dominus; et en même temps deux Vénérables Personnages vinrent prendre la Religieuse sous les bras pour la mener au Trône de Dieu; et au même moment le tout me disparut, et j'entendis que c'était notre chère Sœur de saint Augustin, qui avait été ainsi reçue au Ciel, et conduite par notre Père saint Augustin et le Révérend Père de Brébeuf: Il me semble même avoir reconnu ce dernier. 

Notez qu'il n'est pas nécessaire que son entrée en Paradis ne se soit pas faite avant qu'elle ait été manifestée à la susdite Supérieure: De même que lorsque Dieu a fait voir à quantité de saintes âmes l'Ascension de Jésus-Christ au Ciel, ou l'Assomption glorieuse de la très-sainte Vierge, ce n'est pas que ces Mystères ne soit pas accomplis longtemps auparavant. »[1]

 

 

[1] Paul RAGUENEAU, La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, 1671. p.223

 


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