Marie-Catherine et l'amour de la charité

Marie-Catherine et l'amour de la charité

Marie-Catherine et l'amour de la charité

L’on dit que le prénom d’une personne est généralement porteur de sens profond pour la personne qui le porte. Si la maman reste attentive à la grâce, Dieu saura lui inspirer le prénom destiné à cette petite âme déjà en formation en son sein. Ce sera dès lors comme le mystère de la vocation ou la voie spécifique par laquelle Dieu appelle chaque âme à la sainteté, contenu en bourgeon dans le prénom.

Le cas de Catherine est un parfait exemple de cela. En effet, ne trouve-t-on pas, dans le nom de Catherine, le mot charité? Et comment mieux définir en un seul mot ce que fût toute sa vie, sinon par charité? Elle a vécu cette vertu à un degré héroïque, sous toutes ses formes. De plus, lors de son arrivée en Nouvelle-France, elle ajouta à son nom de religieuse celui de Marie. Elle porta donc désormais le nom de Marie-Catherine de Saint-Augustin. Ainsi,le nom de Marie contenant le mot aimer, on peut y voir le signe de la vocation qui débutait pour elle en cette terre nouvelle, celle d’aimer la charité et de la mettre en pratique au quotidien. Le choix du nom de Marie est aussi le signe manifeste de sa fervente dévotion à la Vierge, à qui elle consacra officiellement toute sa vie et tout son être dès l’âge de 10 ans.

L’amour que l’on porte en son cœur, plus il grandit, plus il cherche à déborder vers les autres par un don de soi toujours plus grand et plus désintéressé. Ainsi, voici un petit résumé des principales voies par lesquelles la jeune Catherine concrétisa cette pratique de la charité.

L’amour des autres par les soins du corps

D’abord, en tant que religieuse hospitalière, c’est par ses bons soins auprès des malades que Catherine exerça une charité toute empreinte de douceur et de bonté. C’est toujours avec le sourire et une grande tendresse qu’elle se penchait sur ceux qui souffraient et en qui elle voyait le Christ lui-même souffrant pour nous. Aussi, dans son grand amour pour la sainte Vierge, elle cherchait constamment à calquer son comportement sur celui de sa « Reine et Maîtresse » afin de tendre vers une charité toujours plus parfaite. Dans la biographie de sa vie, le P. Ragueneau commente : « Dans les plus petites actions, de faire un lit, de balayer la place, de donner à boire à un pauvre, elle se représentait avec quelles vues la sainte Vierge s’y serait comportée, et elle tâchait de l’imiter. ». (Ragueneau p.33) C’est donc dire qu’elle avait un idéal élevé en prenant le plus parfait modèle qui soit en matière d’amour maternel et de compassion.

L’amour des autres par les soins de l’âme

Puis, son amour des autres s’étendait aussi à sa volonté de prendre soin des âmes tout autant que des corps. Et elle s’y employait tout aussi généreusement. Les amérindiens ont bien compris ce qui se produisait dans les âmes à son contact en la surnommant « Iakonikonriiostha », qui se traduit par « celle qui rend l’intérieur plus beau ». Partout où elle passait, elle y répandait « l’odeur de la sainteté », par son exemple qui réchauffait les âmes attiédies et leur donnait plus d’ardeur pour avancer dans leur sanctification.

L’amour des autres par l’offrande de soi pour le salut de sa patrie

Enfin, son amour grandît jusqu’à la pousser à s’offrir totalement comme victime d’holocauste pour le bien des âmes de la Nouvelle-France, qu’elle adopta de tout son cœur comme sa nouvelle patrie. « Je loue Dieu de tout mon cœur de la grâce qu’il m’a faite de m’avoir conduite en Canada », disait-elle. Aussi, l’amour était à la mesure du don qu’elle faisait et ce don était total. Elle était prête à tout endurer, à accepter tout ce que Dieu voudrait d’elle, pourvu qu’il y ait plus d’âmes conquises à Dieu. Elle accepta même que soient emprisonnés en elle, au sens propre du mot, des centaines de démons afin de les empêcher de nuire aux âmes dans la colonie naissante. (cf. Ragueneau p.109). Ceux-ci étaient réellement rendus impuissants et enragés de cela, ils lui rendaient la vie dure, par des tentations de toutes sortes, mais avec la grâce et le soutien de Dieu, jamais elle ne céda.

 

Ainsi, toute sa vie fût tissée d’une oblation constante d’elle-même, d’une charité et d’un amour qui s’étendait à toutes et à tous sans distinction (cf. Ragueneau p. 53). Il en va de même encore aujourd’hui pour nous, alors que du haut du Ciel elle veille toujours sur cette chère patrie qu’elle a tant aimée. Demandons-lui sans hésiter qu’elle intercède pour nous auprès de Dieu afin qu’Il nous donne la grâce de continuer notre chemin, nous aussi, dans cette voie de l’amour de la charité.

 

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