8 décembre: Fête de l’Immaculée Conception

8 décembre: Fête de l’Immaculée Conception

8 décembre: Fête de l’Immaculée Conception

Marie-Catherine de Saint-Augustin, ayant toujours eu une grande dévotion envers la Vierge Marie, eût la grâce de la contempler en sa Conception immaculée, le jour même de cette fête mariale où elle était honorée en cette qualité d’Immaculée.

Elle écrit :

Le 8. décembre 1663. faisant mon Oraison devant le saint Sacrement, je me sentis conduire par le Père de Brébeuf, dit-elle dans son Journal, dans une chambre de médiocre grandeur: Elle était investie par tout d'une grande splendeur; mais l'effet de cette lumière avait un particulier pouvoir d'inspirer la pureté; & il semblait qu'on ne respirait là qu'un esprit de pureté & de candeur. Le Père de Brébeuf voyant que j'admirais plutôt l'effet que produisait cette lumière, que l'éclat & la beauté qui en sortait; il me dit que c'était un rayon du lieu où la Mère de Dieu avait été conçue; qu'à raison du désir que j'avois eu le jour précédent d'honorer sa Conception immaculée, elle voulait me faire un présent à ce jour de sa Fête; que je demandasse hardiment, & qu'elle m'accorderait ce que je lui demanderais. Je m'en excusai & priai le Père de ne rien demander; mais plutôt de dire à la sainte Vierge que j'étais entièrement indigne qu'elle pensât à moi. A même temps que le Père m'eut promis de lui dire, je vis paraître au haut de cette chambre une petite fille; mais dans cette enfant je reconnu des grâces & des privilèges nom-pareils; en sorte que je conclus sans hésiter, que cette petite enfant n'était autre que la Mère de Dieu, laquelle avait été comblée dès sa Conception de toutes sortes de grâces; & je ressentais une joie inexplicable de voir que cette admirable enfant avait tant agréé à Dieu dès ce premier moment. Mon cœur éclatait en louanges envers la sainte Trinité, pour tant de faveurs qu'elle lui avait communiquées. Comme mon esprit était entièrement occupé à ces actions de grâce, cette petite fille m'invita d'aller avec elle. Je n'osais m'en approcher; le Père m'y poussait; mais je ne pouvais me résoudre d'y paraître devant une si grande pureté, étant remplie d'impureté, & y étant comme abîmée; nonobstant quoi il me disait que j'approchasse; mais je ne pus du tout m'y résoudre. Ce que voyant, elle-même vint à moi, & se tourna un peu vers le Père. Elle semblait lui demander ce qu'elle me donnerait en cette Fête: le Père lui laissait tout à sa volonté. (…)

(Ragueneau, La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, p. 87)


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