Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin : Modèle pour la jeunesse

Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin : Modèle pour la jeunesse

Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin : Modèle pour la jeunesse

Les jeunes ont bien souvent besoin de bons modèles pour les aider à se construire avec des bases solides et un idéal élevé leur permettant de tendre vers les sommets. Aujourd’hui plus que jamais, alors que le monde traverse un passage tumultueux menant vers les nouveaux horizons du troisième millénaire, la jeunesse a besoin de repères et d’exemples édifiants pour devenir une génération forte, qui saura travailler à l’édification d’une société saine et sainte. Faire de la terre un miroir du ciel afin que se réalise enfin ce que nous demandons dans la prière du Notre-Père depuis 2000 ans : « …que ton règne vienne et que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… ». N’est-ce pas là la plus belle espérance que nous pouvons avoir au cœur? Oui les jeunes peuvent accomplir de belles choses s’ils sont guidés dans les bons chemins, dans les chemins de lumière et de vérité. 

Une des premières à avoir contribué, par l’ardeur de sa jeunesse, aux bases de la société et de l’Église canadienne, est bien Marie-Catherine de Saint-Augustin. Arrivée au pays à l’âge de 16 ans et décédée à Québec à tout juste 36 ans, elle a vécu, malgré son jeune âge, une vie spirituelle intensément riche et a laissé derrière elle un héritage qui perdure encore au-delà de 350 ans après son décès survenu en 1668. Laissons-nous donc inspirer par cette jeune fille qui s’est donnée entièrement pour Dieu et les âmes, sans rien réserver pour elle-même, en retraçant les événements de sa vie qui font d’elle un modèle pour les jeunes, mais aussi pour les moins jeunes.

 

Disons d’abord que son âme fût éveillée très tôt aux réalités spirituelles. Dès l’âge de 3 ans et demi, elle questionnait avec insistance sa grand-mère, qui était chargée de son éducation, sur « ce que c’était que la volonté de Dieu et comment il fallait la faire ». La grand-mère, un peu lassée par les questions réitérées de sa petite-fille qui avait de la suite dans les idées, l’amena près du Père Malherbe pour qu’elle lui pose toutes ses questions. Celui-ci lui fît comprendre, par l’exemple d’un pauvre malade, que l’on faisait bien la volonté de Dieu en « prenant son mal de bon cœur », sans se révolter. Il ajoutait : « On fait plus assurément la volonté de Dieu dans les afflictions, les humiliations et les souffrances que lorsqu’on a tout à souhait ». En effet, alors que de nos jours, le sens et la valeur de la souffrance se sont considérablement perdus et que même le seul mot « souffrance » fait fuir, Catherine avait pour sa part déjà compris, par cet enseignement, la valeur RÉDEMPTRICE de la souffrance. L’on dit que « souffrir passe, avoir BIEN souffert reste ». Cela signifie que la souffrance en soi est passagère, mais que si nous l’acceptons, elle purifiera le champ de vision de notre âme et nous ouvrira ainsi de nouveaux horizons spirituels insoupçonnés. De plus, c’est le moyen le plus sûr d’accumuler un potentiel méritoire, à la fois pour soi et pour les autres qui peuvent être sauvés par nos mérites. Ce fût donc le départ, pour la petite Catherine, de ce qui guida toute sa vie ; toujours chercher d’abord à faire la volonté de Dieu, dans les joies comme dans les peines.

Puis, son enfance se déroula dans une maturité spirituelle hors norme pour son âge. Elle fît sa première confession à 4 ans et sa première communion à 8 ans, ce qui est très jeune à cette époque. À 5 ans, elle est atteinte de violents maux de tête dû à une infection. Elle les supportera durant 3 mois et malgré l’intense douleur, elle est heureuse de faire la volonté de Dieu et de pouvoir souffrir pour les autres.

Si l’on sait que son grand amour pour la Sainte Vierge fût un des aspects prédominants de son itinéraire spirituel et mystique, cela a commencé très tôt. En effet, toute petite, elle avait développé une tendre familiarité avec celle qu’elle appelait « ma sainte Vierge ». Elle relate dans son journal : « Jamais je ne faisais quoi que ce soit, sans lui demander la permission ; je lui racontais tout ; je lui demandais avis plus simplement, avec plus de franchise et de tendresse, que je n’aurais fait à ma mère ; et il me semblait qu’elle me traitait avec des caresses et des amours de mère. Je jouais avec le petit Jésus qu’elle portait, comme si c’eut été mon frère ; je lui portais toujours de ce qu’on me portait à manger avant que d’y toucher, et il me semblait que la sainte Vierge me disait, portez-en un peu aux pauvres, pour l’amour de mon fils et de moi ; à quoi j’étais obéissante. » Malgré toute la candeur de la scène, on voit déjà transparaitre l’âme mariale de Catherine et sa charité pour le prochain.

À mesure qu’elle grandit, cet amour se développe et à 10 ans, peu après une rencontre avec Jean Eudes (aujourd’hui canonisé), alors que cet apôtre marial prêchait en Normandie la dévotion au cœur immaculée de Marie, Catherine rédige une consécration à Marie, qu’elle va jusqu’à signer de son sang, telle une donation totale de tout son être et de toute sa vie. Elle fera une seconde consécration officielle le 25 mars 1648 (jour de l’annonciation), à l’âge de 15 ans, quelques semaines avant son départ pour la Nouvelle-France.

Ce départ pour une terre lointaine et inconnue, où il n’y avait pour lors que peu de choses et où on devait faire face à la menace constante des tribus iroquoises et la rudesse du climat, demandait une certaine audace de la part d’une jeune fille de 15 ans, ainsi qu’une bonne dose de courage, mais surtout, une volonté ferme de suivre l’inspiration de Dieu qui lui traçait sa vocation de missionnaire au Canada ! Bien sûr, il va sans dire que son cœur éprouva une « une douleur plus sensible qu’elle ne le pouvait exprimer » (cf. Ragueneau, p.38) au moment de la séparation d’avec sa chère communauté de Bayeux, où elle était arrivée à 12 ans et demi et qui contenait plusieurs personnes de sa parenté. Catherine était parfaitement consciente du sacrifice de détachement qui s’imposait. Toutefois, son exemple nous prouve encore que la grâce de Dieu ne fait jamais défaut à un cœur qui s’abandonne entièrement à Sa volonté. L’âme qui dit « oui » est alors envahie par la grâce du moment présent, qui l’aide à accomplir le dessein de Dieu sur elle.

Ainsi, quelle que soit la vocation à laquelle Dieu nous appelle, si nous acceptons de modeler notre volonté à la Sienne, Il saura nous donner la force nécessaire pour accomplir ce qu’Il attend de nous. Tous n’ont pas forcément la vocation de partir à l’autre bout de la terre, mais il suffit d’être attentif aux petites choses du quotidien par lesquelles Dieu nous parle pour voir tout le bien que nous pouvons faire autour de nous. Une âme qui demeure en état de grâce, quoi qu’il en coûte, favorisera l’épanouissement autour d’elle et son rayonnement sera sans limite. Il faut donc commencer par se changer soi-même et prêcher par l’exemple pour faire régner le Christ dans les cœurs plutôt que d’user de discours persuasifs qui, plus souvent qu’autre chose, rebutent et repoussent.

L’exemple de Catherine de Saint-Augustin et de tant d’autres saints ayant atteint la sainteté dans un jeune âge* nous montre qu’il n’est pas nécessaire « d’attendre plus tard » pour travailler à notre sanctification. Au contraire, nous devons nous y mettre dès maintenant, peu importe l’âge et peu importe le passé. Ce qui compte aux yeux de Dieu, c'est le présent et notre bonne volonté à devenir meilleur un peu chaque jour. À faire grandir chaque jour l'amour en nous pour celui qui est l'Amour même, et que cet amour brûlant déborde sur chaque personne que nous rencontrons afin d'embraser le monde par un courant d'amour qui fera enfin venir le règne de Dieu « sur la Terre comme au Ciel ».

 

*Parmi ces jeunes saint(e)s et bienheureux(ses), on peut penser ici à quelques exemples connus tels que : Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sainte Jeanne d’arc, Sainte Bernadette Soubirous, Sainte Jacinta et Saint Francesco Marto - de Fatima-,  Sainte Kateri Tekakwitha ; ou encore à d'autres peut-être moins connus, mais qui ont vécu dans une époque tout près de la nôtre et qui de ce fait sont des inspirations formidables pour notre société contemporaine: Bienheureuse Chiara Luce (Badano), Bienheureux Pier Gorgio Frassati, Anne de Guigné, et la liste pourrait continuer encore longuement...

 

 

Geneviève B. 


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